Le chargé d’affaires canadien Alexis Gilbert a réaffirmé l’engagement d’Ottawa en faveur des droits humains lors d’une audience avec la ministre Chantal Chambu Mwavita. Le Canada annonce le démarrage de sa stratégie agroque et maintient sa priorité sur l’autonomisation féminine.
Une coopération bilatérale consolidée
La ministre des Droits humains, Maître Chantal Chambu Mwavita, a reçu jeudi 3 juillet M. Alexis Gilbert, conseiller politique et chargé d’affaires à l’ambassade du Canada à Kinshasa. Cette rencontre intervient dans un contexte où la RDC multiplie les initiatives diplomatiques pour renforcer ses partenariats internationaux, particulièrement dans le domaine des droits fondamentaux.
L’audience s’inscrit dans la continuité des efforts congolais pour mobiliser la solidarité internationale face à la crise du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, démarche initiée quelques jours plus tôt par la même ministre lors d’une table ronde avec les partenaires techniques et financiers.
L’autonomisation des femmes au cœur des priorités

Un engagement canadien réaffirmé
M. Alexis Gilbert a placé la protection des droits des femmes et des filles au centre des préoccupations canadiennes en RDC. « La promotion des droits humains, et plus spécifiquement ceux des femmes et des filles, demeure une priorité majeure pour le Canada », a déclaré le diplomate à l’issue de la rencontre.
Cette approche genrée de la coopération canadienne répond aux défis spécifiques auxquels font face les femmes congolaises, particulièrement dans l’est du pays où les violences sexuelles sont utilisées comme armes de guerre selon les récents rapports onusiens.
Projets de développement axés sur l’autonomisation
Le Canada s’engage à poursuivre son appui à travers des projets de développement spécifiquement conçus pour renforcer les capacités des femmes et des filles. L’objectif affiché vise à « leur permettre de jouer un rôle actif dans la société », selon les termes du chargé d’affaires canadien.
Cette approche s’inscrit dans la politique féministe du Canada en matière d’aide internationale, qui fait de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes des leviers essentiels du développement durable.
Lancement de la stratégie agroque canadienne
Une initiative structurante
M. Gilbert a annoncé le démarrage de la phase de mise en œuvre de la Stratégie canadienne agroque, lancée en mars dernier en RDC. Cette initiative vise à « renforcer durablement la présence et l’impact du Canada dans le domaine du développement et des droits humains ».
Bien que les détails spécifiques de cette stratégie n’aient pas été précisés, elle semble s’articuler autour d’une approche intégrée combinant développement économique et promotion des droits fondamentaux.
Consolidation de la présence canadienne
Cette stratégie témoigne de la volonté d’Ottawa de maintenir et d’amplifier son engagement en RDC, malgré les défis sécuritaires et institutionnels que connaît le pays. Elle s’inscrit dans une logique de partenariat à long terme, dépassant les cycles politiques traditionnels.
Convergence diplomatique sur les droits humains
Cohérence avec les initiatives onusiennes
Cette rencontre bilatérale intervient dans un contexte où la RDC multiplie les initiatives diplomatiques pour défendre le multilatéralisme et les institutions internationales des droits de l’homme. L’engagement canadien complète ainsi les efforts congolais pour maintenir un écosystème international favorable à la protection des droits fondamentaux.
Synergie avec les priorités nationales
La coopération renforcée avec le Canada s’articule parfaitement avec les priorités définies par le président Félix Tshisekedi et la Première ministre Judith Suminwa, qui placent les droits humains au cœur de l’agenda national selon les déclarations récentes de la ministre Chambu Mwavita.
Défis et perspectives
Mise en œuvre sur le terrain
Si les engagements politiques sont clairement affirmés, la traduction concrète de cette coopération renforcée sur le terrain constituera le véritable test de son efficacité. Les défis sont considérables dans un pays où 7 millions de personnes sont déplacées et où les violations des droits humains persistent.
Articulation avec les autres partenaires
Cette coopération bilatérale devra s’articuler avec les autres initiatives internationales, notamment l’accord de paix récemment signé entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine, pour maximiser son impact sur la protection des droits fondamentaux.
En clair, cette audience illustre la volonté commune de Kinshasa et d’Ottawa de poursuivre « une collaboration structurée et proactive, au service de la dignité humaine, de la justice sociale et de l’inclusion », selon les termes officiels de la rencontre.
Le saviez-vous ?
Le Canada consacre 95% de son aide internationale bilatérale aux pays en développement à des initiatives qui favorisent l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles.
Sources : Ministère des Droits humains RDC

